Mardi 25 Juillet 2017

Dans la presse

Plusieurs articles et unes de journaux !!

 

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Les intégrales de l'Humanité ...

Les archives : Masa spectacle  [+]

Molière transporté à travers l'espace et le temps : l'Afrique au 20e siècle. Croyez-vous qu'il souffre du dépaysement ? Pas du tout. La chaleur d'ici lui est plutôt bénéfique. Une résurrection rendue possible par Africa Cri Action. Et « Dom juan » dévoile des aptitudes, des travers universels. L'humanité est la même partout, quelles que soient les couleurs ou les désignations.

Le projet de remettre en scène ce personnage célébré ou condamné selon l'époque est né dans l'esprit de l'Africaine Catherine Bat Nguélé et de l'Européen, Louis Alexandre Fabre. Ils ont voulu confronter leur sensibilité, reconnaitre et revendiquer les différences, et témoigner de la recherche d'identité de chacun. Ils s'accordent sur « Dom juan » de Molière, auteur français du 17e siècle dont la clairvoyance et la perspicacité maintiennent son oeuvre dans l'air dutemps.

En décembre 1991, le Centre culturel français de Yaoundé reçoit la grande première. Puis Avignon en juillet 92 où 25 représentations successives en « off » témoignent du succès de la création. La troupe « Africa Cri Action » sort fortifiée de cette rencontre entre le public français et la version africaine du « Dom juan » de Molière. Au Masa 93, c'est un autre défi à relever. Faire apprécier autant, sinon plus, la « tropicalisation » d'un des classiques du théâtre. Les 17 comédiens de la troupe, forts de leur complicité et de leur enthousiasme, y parviendront sans grande peine. C'est une tribune et une audience inespérées pour cette troupe qui célèbre le 6e anniversaire de sa création.

This young troop plays "Dom Juan ou Tetchap Te Gock", the famous Molière play directed by Catherine Bat Nguele and Louis Alexandre Fabre. A real discovery at Avignon 92 where the rerendering of the myth of Don juan, while faithful to the original text, gave it a definitely contemporary dimension. An invigoratingly different light is given to the play thanks to the spontaneous nature of the performance by the players.

musique : Jean Jacques Elongue, Philippe Tchaptchef, Denis Shei Nfor, Jasmin Songouang
costumes (conception) : Ariane Lebeau
costumes (réalisation) : Mansour N'Diaye.
décors : Nzante Sandey Spee
lumière : Norbert Richard
régie : Jacques Nkile Nguele
mise en scène : Catherine Bat Nguélé et Louis Alexandre Fabre
avec : Saïdou Abatcha, Julienne Anokoy Hélène Beleck, Alain Dzukam, Louis Alexandre Fabre, Rigobert Gacha, Joseph - Roger Kingué, Gilbert Lataye, Léonard Logmo, Stéphane Massock, Philippe Bako, Hélène Laure Menthong, Jean-Michel Yanga

Africa Cri Action de Yaoundé
Photo : Alexandre Dagry

Le web de l'humanité: Neronissime  [+]

Paru dans le web de l'humanité le 24 juillet 1993 pour la pièce Neronissime
Retranscrit de cet article

Néron et Molly Bloom
QUE demande le peuple festivalier ? Au moins, dans le cirque du off, un spectacle bon comme le pain et quelques jeux de scène proprement exécutés. Mais aussi, de l’émotion, du rire et de la passion, de l’intelligence, du théâtre en somme. Avec « Néronissime » il est gâté. Le vent d’Est qui souffle sur la cité des Papes a déposé du côté du boulevard Raspail quelques-uns des étincelants feuillets d’une éminence hongroise, Miklos Hubaye, auteur censuré chez lui - quelle misère ! - en 1967.
Son Néron, archétype du tyran fascinant, bête de scène en fureur qui organise joyeusement le meurtre d’Agrippine ou le martyre de deux mille chrétiens, qui fait de Sénèque une serpillière et de Poppée une garce, a été jeté en pâture à quatre compagnies qui se régalent à l’évidence de nous faire partager, parfois jusqu’à l’écoeurement, un jubilatoire festin de l’esprit satirique. Alexandre Fabre campe avec conviction l’histrion politique dangereux et tendre, pétri de contradictions, donc terriblement humain. Dans le sillage sanglant de l’artiste roi qui rêvait d’être Dieu ou dramaturge grec, papillonnent les membres d’une petite légion bouffonne et lâche défendant au mieux leur peau et leur rôle respectif. Les gesticulations de ces petits et grands comiques de l’Etat susciteraient un rire franc si certains d’entre eux ne portaient rangers ou imperméables de flic. Un clin d’oeil appuyé pour nous avertir gentiment que Néron, capable de tuer sa mère pour une parcelle de pouvoir, est toujours vivant.
Avec le chant amoureux de « Molly Bloom » , André Benedetto, autre acrobate du verbe, a convaincu Garance de ne pas se laisser impressionner par le long monologue sans respiration concluant « Ulysse », le roman de James Joyce, qui fit scandale au début du siècle. Garance-Molly-la-Rousse nous fait danser et vibrer sur sa mélopée impudique, drôle et rageuse qui va crescendo dans la confidence jusqu’à un sublime chant d’amour. Une merveille de texte servie, en chemise de nuit, par une comédienne sensible et sensuelle mettant tendrement dans de beaux draps la gent masculine et faisant monter à la gorge de spectatrices quelques frissonnantes larmes.
Philippe JEROME

Les maîtres de Frémont ( magazine Plus belle la vie)

 

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Interview écrite

En exclusivité pour le site une interview de Richard Guedj.

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